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Cap sur les 25 millions d’euros en 2020 : pourquoi cet objectif ?

Énergie Partagée, qui accompagne et finance depuis 2010 des dizaines de projets citoyens d’énergie renouvelable, se fixe pour objectif d’avoir collecté 25 millions d’euros d’épargne citoyenne à horizon 2020. Interview avec Erwan Boumard, directeur de la structure, pour en savoir plus.

Erwan Boumard, vous souhaitez collecter plus de 10 millions d’euros supplémentaires, dans un intervalle de trois ans. Cet objectif ambitieux est-il réaliste pour Énergie Partagée ?

Si la collecte suit son cours actuel, toutes les prévisions nous indiquent que nous sommes capables d’atteindre ce seuil recherché. Pour nous, ce n’est pas un  objectif symbolique : notre modèle économique s’équilibre à 25 millions d’euros collectés, pour 20 millions investis dans les projets. C’est donc une étape majeure dans la vie de ce projet militant initié il y a 5 ans déjà.

Avec ce cap des 25 millions d’euros, nous avons deux perspectives en tête : d’une part, atteindre notre rythme de croisière en termes de financement de projets, c’est-à-dire que nos investissements seront financés en partie par les remboursements de nos premiers projets. D’autre part, pouvoir équilibrer les sorties de nos premiers actionnaires (qui désirent profiter de la plus-value liée à l’augmentation du prix de l’action) par l’arrivée de nouveaux actionnaires qui nous rejoignent chaque jour.

Cette année, comme nous ne pouvons pas encore distribuer de dividendes, nous avons réévalué la valeur nominale de notre action Énergie Partagée de 100 à 102 euros.

Pour nos actionnaires actuels, c’est déjà un gage de confiance : leurs actions prennent de la valeur, et ils peuvent en être fiers. Pour tous les autres, qui hésitent encore à sauter le pas et rejoindre la transition énergétique citoyenne, c’est une décision qui peut les rassurer et leur permettre de passer aux actions.

Pour nos actionnaires actuels, c’est déjà un gage de confiance : leurs actions prennent de la valeur, et ils peuvent en être fiers.

Vous parlez ici d’objectifs purement financiers. Mais est-ce la motivation première de vos actionnaires ? N’est-il pas plus important pour les actionnaires de parler en terme de projets financés ou de kilowatts produits ?

Vous avez tout à fait raison. C’est un objectif affiché en termes de volume de collecte et de rentabilité, car nous sommes très attachés à démontrer le sérieux et la fiabilité de notre projet économique.

Mais notre première motivation reste la même que celle de nos actionnaires : développer au maximum des sources d’énergies renouvelables, locales, et maîtrisées par les citoyens.

D’ailleurs, une enquête réalisée auprès de nos 4500 actionnaires en 2016 nous montre clairement que si le taux de rentabilité est pris en compte, ce n’est pas le plus important pour eux : le nombre de projets, leur qualité (c’est à dire leur conformité aux critères de la charte Énergie Partagée), et la quantité d’énergie propre qu’ils vont dégager, tout cela passe avant l’exigence de rendement.

C’est la logique du “double dividende” : celui obtenu par les actionnaires après quelques années de placement chez Énergie Partagée, et celui obtenu par les projets, dans l’intérêt du territoire et des habitants.

Notre idée est donc bien de réconcilier ces deux enjeux majeurs dans le financement de la transition énergétique : la rentabilité espérée des investissements réalisés ne doit pas éclipser la nature des projets financés. Bien sûr, il est très possible d’investir dans de gros projets très rentables, pilotés par des développeurs professionnels, et d’obtenir de très bons taux de rendement assez rapidement.

Nous pourrions aussi très bien obtenir plus de rendement en étant moins regardant sur les points clefs de notre charte : respect de l’environnement, ancrage local… Mais ce n’est pas le projet, qui se veut exigeant et fidèle à notre vision à long terme.

Mais ce n’est pas le pari que nous avons fait, et continuerons de faire, chez Énergie Partagée : privilégier la coopération entre acteurs impliqués, la discussion entre citoyens, collectivités et professionnels, voilà ce qui est important avant tout pour nous.

Quelles perspectives, justement, pour l’avenir d’Énergie Partagée ?

Comme je l’ai expliqué, nous avons choisi de nous projeter à cet horizon de trois ans car il conditionne pour nous une grande partie du  du projet. Mais nous avons déjà sur la table d’autres idées pour accélérer le développement des projets citoyens, en particulier sur le financement de cette phase cruciale de la vie d’un projet.

Au delà de l’équilibre économique d’Énergie Partagée Investissement, il faut aussi travailler à celui du mouvement. Si aujourd’hui nous sommes bien accompagnés par nos partenaires publics, il nous faut pérenniser le financement de l’animation locale, comme c’est elle qui permet de faire émerger des projets.

Étendre le champ de notre action sur le territoire, faire grandir le réseau d’adhérents et de partenaires, continuer à resserrer les liens avec des acteurs majeurs comme Enercoop, accueillir toujours plus de projets dans la galaxie de l’énergie citoyenne… Les idées ne manquent pas !

Mais l’essentiel pour nous reste de conserver la confiance de nos actionnaires, et de continuer à faire passer le mot pour convaincre dans des cercles de plus en plus larges.

L’essentiel pour nous reste de conserver la confiance de nos actionnaires.

Quelle place pour les investisseurs “non citoyens”, entreprises et épargne salariale ?

Effectivement, l’épargne salariale, via le fonds solidaire Mirova, nous a permis de faire un bond en avant l’année dernière au niveau de la collecte. Si nous continuerons à travailler avec eux et à chercher d’autres partenaires pour atteindre notre taille critique, nous restons également vigilants à ce que ces partenaires s’inscrivent dans un projet porté par des citoyens.

Pour nous, ils représentent des salariés et pas leurs intérêts propres. C’est donc une démarche inclusive pour élargir la dynamique citoyenne. A ce titre, nous intervenons régulièrement dans les entreprises, directement auprès des salariés, pour les sensibiliser à nos enjeux. Mais ces fonds nouveaux ne doivent pas mettre en risque le projet : notre politique est de les limiter à 20% du capital.

Pourquoi investir à Énergie Partagée et pas dans d’autres sites de crowdfunding ?

Que l’on soit bien d’accord : faire investir les citoyens dans les énergies renouvelables, c’est déjà un grand pas pour les sensibiliser et orienter l’épargne du plus grand nombre dans des projets qui font du sens. Maintenant, il est important de noter les différences dans nos démarches respectives.

Les sites de crowdfunding que vous pouvez trouver aujourd’hui, qui sont d’ailleurs de plus en plus nombreux, vous proposent effectivement d’investir dans des projets de production d’énergie renouvelable.

Mais notez bien que ces investissements sont des investissements qui se substituent en partie à l’emprunt bancaire réalisé par le projet pour se financer. Autrement dit, il permet à des particuliers d’obtenir des taux intéressants, mais leur placement n’est absolument pas indispensable au projet pour se réaliser. On est davantage sur une logique de communication à court terme, et ce n’est pas ce que recherche Énergie Partagée.

La principale différence ? C’est que nous investissons en fonds propres dans les projets que nous avons choisi, et pour des dizaines d’années. En bref, nous devenons partenaires de ces projets dans lesquels nous croyons par un apport direct au capital du projet, qui est vital pour boucler le tour de table financier, et aller ensuite solliciter un prêt auprès d’une banque.

Sans cet apport initial (sous forme de capital ou comptes courants d’associés), de nombreux projets n’auraient pas pu se réaliser. En apportant notre aide à des stades parfois très précoces des projets, nous leur garantissons une crédibilité et une fiabilité sur le plan économique qui est très difficile à atteindre simplement en récoltant des fonds en local auprès de clubs d’investisseurs ou de particuliers.

Pour terminer sur ce point, je dirais qu’Énergie Partagée ne s’oppose pas aux placements en crowdfunding classique : c’est une solution bien différente et complémentaire, pour ceux qui souhaitent vraiment faire une différence en investissant au plus près des projets, s’inscrire durablement dans la dynamique de territoire et partager les risques et les bénéfices avec les porteurs de projets citoyens ou collectivités.

La principale différence ? C’est que nous investissons en fonds propres dans les projets que nous avons choisi, et pour des dizaines d’années.

Mais alors, comment vous positionnez-vous par rapport aux projets qui organisent des collectes de capital en local, directement dans leurs sociétés de projets ?

Là encore, on ne parle pas d’opposition mais bien de complémentarité : les projets que nous accompagnons commencent bien souvent par lever des fonds lors d’une collecte locale. Si l’enthousiasme est au rendez-vous, cela peut aller très vite ! Mais pour compléter ce premier apport, l’aide d’Énergie Partagée, et de ses actionnaires citoyens, peut ensuite faire la différence.

Notre souhait est de proposer des solutions adaptés aux besoins de tous les porteurs de projet qui nous sollicitent. Parfois, c’est un apport financier, parfois un besoin de formation, parfois un accompagnement technique ou juridique … C’est la force d’Énergie Partagée : notre palette d’outils et de solutions est très variée, et elle vient épouser les demandes de toute sorte.

Avec un seul objectif en tête : appuyer et accélérer le développement de tous ces beaux projets portés par des citoyens, qui apprennent à toute vitesse et fourmillent de bonnes idées. C’est leur énergie qui nous donne la nôtre, et c’est cela que nous voulons partager !

Notre souhait est de proposer des solutions adaptés aux besoins de tous les porteurs de projet qui nous sollicitent. C’est la force d’Énergie Partagée.

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