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Tourisme durable & énergies renouvelables : les perspectives de demain

Respect de l’environnement, ancrage local, valorisation des ressources du territoire… Une démarche touristique durable passe aussi par une réflexion sur les manières de produire et réduire l’énergie dont nous avons besoin. Petit tour d'horizon des solutions de demain.

Énergie Partagée était invité par les Acteurs du Tourisme Durable le temps d’un tchat sur Twitter, pour partager son expertise sur les énergies renouvelables avec différents intervenants impliqués dans le développement durable et imaginer ensemble des solutions pour le tourisme renouvelable de demain. 

Cliquez sur [les noms des intervenants] qui ont participé au Tweet Chat pour accéder à leur compte Twitter.

En quoi le secteur du tourisme est-il concerné par les énergies renouvelables ?

Le tourisme est un secteur aux enjeux énergétiques forts : transports, hébergement… Il est important, même en vacances, de limiter ses consommations et émissions de carbone. Comment ? En prenant en compte l’impact énergétique dans le choix de son séjour. [EcotourismeVelo]

Certains éco-sites montrent déjà l’exemple en proposant des solutions d’hébergements en totale autonomie énergétique, comme le Bosque Del Cabo, au Costa Rica.

Pour Énergie Partagée, le tourisme durable peut donc devenir une occasion de découvrir des façons de mieux vivre ou de vivre différemment, en utilisant uniquement des énergies propres et durables … Et qu’on ne s’y trompe pas : on peut rester fidèle à ses convictions écologiques sans mettre de côté ses exigences de confort !

Le tourisme durable peut donc devenir une occasion de découvrir des façons de mieux vivre ou de vivre différemment, en utilisant uniquement des énergies propres et durables

Transition énergétique : quels enjeux pour les territoires et acteurs locaux ?

L’enjeu principal du développement des énergies renouvelables est évidemment la réduction de nos bilans carbones et de notre dépendance aux énergies fossiles, limitées et polluantes. Pour cela, rien de tel que de rapprocher la demande de la production en intégrant les sources d’énergies renouvelables au plus près des territoires, pour aller vers un système décentralisé bien implanté localement et adapté à nos besoins. [Guillaume Cromer]

Mais diffuser ce nouveau modèle de production d’énergie propre implique de mener en amont des actions de sensibilisation auprès des publics locaux. Pour impliquer chacun dans le processus et valoriser au mieux les ressources du territoire, il faut faire travailler ensemble au maximum habitants, élus, collectivités et de consulter tous les acteurs locaux concernés.

 

Rapprocher la demande de la production en intégrant les sources d’énergies renouvelables au plus près des territoires, pour aller vers un système décentralisé bien implanté localement et adapté à nos besoins.

Il en va de même pour les touristes en visite sur le territoire : on peut en profiter pour les sensibiliser à ces questions, en leur proposant des parcours qui soulignent l’importance des solutions durables en matière d’énergie.

Les “camps énergie” par exemple, proposent aux participants d’apprendre de façon ludique comment produire eux-mêmes de l’énergie, notamment à l’aide du soleil. Ils dorment dans des tentes munies de panneaux solaires, lesquels emmagasinent l’énergie qui servira à éclairer le campement le soir venu.

Des chaudrons “solaires” chauffent l’eau nécessaire pour préparer les repas et faire la vaisselle. Des sacs à dos solaires permettent de recueillir l’électricité qui alimentera le cellulaire, l’ordinateur ou la caméra vidéo. Pour le divertissement musical de la soirée, les touristes devront enfourcher une bicyclette afin d’obtenir l’énergie indispensable au fonctionnement … de leur lecteur CD !

L’enjeu pour les professionnels du tourisme est de proposer des vacances durables à leurs clients, tout en maintenant un prix accessible et une expérience client optimale [EcotourismeVelo]. C’est par exemple le choix qu’a fait le Solar Hôtel à Paris, hôtel écologique ET économique, et membre du réseau des Acteurs du Tourisme Durable.

L’intérêt est double : réaliser des économies d’énergies et passer au renouvelable, c’est une opération rentable à moyen terme. En plus de sauvegarder la planète en produisant plus propre, et l’argument écologique peut renforcer l’attractivité des sites touristiques et donc attirer de nouveux publics sensibles à ces questions.

C’est le pari que fait le gîte du Loubatas : alimenté en énergie 100% verte, l’ensemble de son offre d’hébergement est axée vers la pédagogie autour des enjeux de l’énergie renouvelable et de l’écologie en général.

Routes de l’énergie, visites d’éoliennes… Intégrer la dimension pédagogique dans les séjours en montrant d’où vient l’énergie qui alimente les lieux qu’on fréquente permet de faire découvrir de nouveaux sujets aux visiteurs, qui reviennent d’autant plus riches de leurs voyages !

Organiser avec les acteurs locaux un tourisme conciliant développement économique et respect des capacités d’accueil et des ressources des territoires

Pour accompagner les professionnels du tourisme vers cette nécessaire transition, outre les aides sous forme de subvention (rénovation thermique etc), des structures spécialisées développent déjà des dispositifs d’accompagnement.

Le CEDER accompagne par exemple depuis plusieurs années déjà les hébergeurs touristiques dans leurs projets d’installation en énergies renouvelables, et participe à des réflexions plus globales avec les acteurs touristiques locaux (association des gîtes de France, offices de tourisme …) pour d’organiser un tourisme conciliant développement économique et respect des capacités d’accueil et des ressources des territoires.

Enfin, on peut imaginer un système de labellisation plus poussée des éco-sites pour valoriser leurs efforts énergétiques.

La prise de conscience “tourisme durable”, où en est-elle ?

En Occident, après des dizaines d’années de surconsommation et consommation “inconsciente”, nous assistons à l’émergence de consommateurs plus “éclairés” et le secteur des vacances n’y échappe pas : comment ça marche ? Pourquoi ? De plus en plus de voyageurs demandent une transparence sur les produits, services et structures auxquels ils ont recours, et souhaitent comprendre leur environnement pour s’y intégrer au mieux.

On voit apparaître un “tourisme de l’énergie pour voyageurs éclairés” avec prise en compte de l’environnement et des ressources locales. L’envie d’expériences innovantes et la curiosité des voyageurs se tourneraient aujourd’hui vers le “moteur” du tourisme, un secteur au coeur de l’innovation technologique : l’énergie. D’où vient-elle ? Comment est-elle produite ?  [Énergie Partagée].

Les recherches de la University of Natural Ressources and Applied Life Sciences Vienna sur le “tourisme de l’énergie” distinguent deux types touristes : les premiers, amateurs de visites guidées et séminaires, les seconds, touristes “loisir et agrément” friands de découverte par l’exploration et d’expériences ludiques.

En route vers des destinations touristiques énergétiques ?

C’est déjà le cas de Güssing en Autriche, une ville devenue 100% autonome en énergie grâce à une aide de l’Union Européenne pour le développement d’un Centre Européen des Énergies renouvelables, créé en 1995. Il y a 20 ans, les deux tiers des habitants de Güssing étaient au chômage, aujourd’hui la ville est entièrement autonome en énergie – solaire et biomasse – et attire plus de 50 000 visiteurs internationaux par an. Désert touristique jusque dans les années 1990, plus de 60 entreprises s’y sont depuis installées, 1 500 emplois ont été créés et les recettes fiscales ont été multipliées par 5.

Touristes éclairés, destinations autonomes … Peut-on pour autant parler de la fin du tourisme “aveugle” ? Malgré le développement de démarches “éco-énergie”, les attentes des voyageurs diffèrent largement en fonction du type de touriste, de son niveau d’éducation et de son budget. [Christophe Giroud] Plutôt que de se concentrer sur la demande de tourisme éco-énergétique, il s’agirait d’inciter aux réductions de consommation énergétique les professionnels du tourisme [Guillaume Cromer] sans diminuer la qualité de l’expérience client et ce, grâce à l’innovation.

Les voyageurs sont aujourd’hui de plus en plus “éclairés” : ils souhaitent avant tout comprendre leur environnement pour mieux le préserver et s’y intégrer.

La transition énergétique du tourisme, plutôt du côté de l’offre ou de la demande ?

L’Agence Internationale de l’Énergie estime que seulement 50 % des réductions d’émissions de GES viendront de l’innovation technologique, donc que l’autre moitié devra provenir de l’évolution de nos comportements et modes de vie. Si la transition énergétique des professionnels du tourisme avance de pair avec des comportements de consommation responsables chez les voyageurs, ne verrait-on pas se développer un cercle vertueux du tourisme durable ?

Le tourisme du futur qui carbure aux énergies renouvelables, vous l’imaginez comment ?

Imaginer le tourisme renouvelable du futur ? Les twittos ont été inspirés !

Un tourisme conscient

Pour Énergie Partagée, un “tourisme conscient” développerait des outils pédagogiques et de sensibilisation à l’énergie consommée sur les sites touristiques, comme le fait le gîte de la Guguenaie (Bretagne) en proposant la visite de ses éoliennes aux clients : un bel exemple d’intégration de solutions d’énergie verte dans l’offre d’hébergement. On peut aussi imaginer la visite de parcs éoliens ou de fermes solaires.

Viatao imagine un tourisme éducatif en lien avec l’énergie comme le propose l’usine EDF Marémotrice de la Rance, et un monde où l’utilisation des énergies renouvelables serait une évidence.

Les territoires ont également un rôle à jouer dans le développement d’un tourisme conscient, dont la responsabilité des Smart Destinations dans l’utilisation des Big Data au service d’un tourisme “0 carbone” [Guillaume Cromer].

Un tourisme 0 carbone

L’avènement d’un tourisme “0 carbone” impliquerait la restructuration des modes de transport touristiques et le développement du tourisme de proximité [Énergie Partagée] : cela questionne le voyage international et l’impact du transport aérien. Si l’on considère la question du changement climatique, nous devons mesurer l’impact de nos voyages et agir sur le “prix climat” tout en maintenant des prix accessibles [Guillaume Cromer].

D’après Énergie Partagée, au-delà d’une réflexion sur notre consommation énergétique, il s’agirait de repenser nos envies, motivations, perceptions et attentes quant à la “destination touristique”.

L’optimisation énergétique dans l’hébergement est aussi nécessaire. [Christophe Giroud] imagine des micro-hôtels autosuffisants et mobile “pour pratiquer une hostellerie et inspirer l’apiculture”, ou encore des “hôtels migrateurs” évoluant avec les saisons, n’épuisant pas ainsi les ressources d’un lieu.

Il nous faut repenser nos moyens de production d’énergie de la même manière que nos envies de destinations.

Est-ce réaliste de repenser à ce point nos motivations touristiques et modes de transport, lorsque le trafic aérien pourrait doubler en 2030 ? Le développement du low cost penche plutôt pour la mobilité internationale plutôt que le tourisme de proximité [Joly Cassandre]. Pour la destination France, il est également important de considérer les enjeux économiques, sociaux, et les freins associés à de tels changements [Guillaume Cromer].

Malgré tout, Énergie Partagée nous donne un avis d’expert optimiste : économie et écologie sont compatibles, “la France peut rester leader touristique et devenir leader des énergies renouvelables ».

Les nouvelles technologies apporteront-elles des solutions pour continuer à voyager loin, tout en consommant moins d’énergies fossiles ? Nos motivations touristiques et envies de découvrir le monde permettraient-t-elles de booster l’innovation durable ? [Bruno Bonniol] Le développement de certains projets nous laissent penser que oui : pour un transport 0 carbone, nous pensons notamment à l’hyperloop.

Pour booster la recherche et l’innovation sur les énergies renouvelables, l’optimisme et le ludique fonctionnent et permettent de renforcer l’attractivité des domaines “verts” : place aux cerfs volants éoliennes, panneaux solaires en spray, imprimables, vraies fausses feuilles d’arbre, toilettes magiques, et autres inventions ! [Claire Batard]. Mais attention, si l’optimisme et le ludique sont au goût du jour, Bruno Bonniol nous rappelle qu’ “il faut arrêter de faire du « durable » parce que c’est bien, mais parce qu’on n’a plus le choix”.

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