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Autoconsommation collective : quand les habitants du Mont Valérien deviennent leurs propres producteurs d’énergie

collectif Fermes Solaires du Mont Valérien

La coopérative des Fermes Solaires du Mont Valérien rassemble des habitants pour produire et consommer leur électricité via une boucle d'autoconsommation collective (ACC). Avec 8 toitures raccordées et 40 kWc, elle fournit environ 20% des besoins.

Depuis 2019, la coopérative des Fermes Solaires du Mont Valérien rassemble des citoyens engagés pour la transition énergétique de leur territoire. Ensemble, ils installent des panneaux solaires sur leurs toitures et sont reliés par une boucle d’autoconsommation collective. Pour nous raconter cette aventure collective, nous avons rencontré Jean-Jacques Descombes qui préside ce collectif.

Salut Jean-Jacques, peux-tu nous raconter la genèse de cette coopérative des Fermes Solaires du Mont Valérien ?

C’était il y a 7 ans, des citoyens des communes autour du Mont-Valérien (Rueil-Malmaison, Suresnes, Colombes…) et issus de l’association Thermie se sont réunis avec l’ambition de mettre en place des projets d’énergie renouvelable (EnR) sur le territoire. Au départ, l’objectif était d’étudier des projets sur du foncier public ou privé

Plusieurs dossiers ont été étudiés mais cela n’a finalement pas abouti. Les délais étaient trop longs et nous avions peu de soutien institutionnel.

De mon côté, j’ai rejoint le collectif en 2022 après en avoir entendu parlé par ma voisine. Je suis arrivé à ce moment charnière où une partie des bénévoles du début était assez déçue de ne pas avoir réussi à lancer de projet ! Nous avons donc changé de modèle, pour dorénavant s’intéresser prioritairement aux toitures individuelles.  

Et à partir de ce moment vous avez pu installer vos premiers panneaux rapidement ?

Disons que tout ça s’est actionné doucement. Nous avons bénéficié des aides de la région Île-de-France qui permettaient de réduire le coût d’investissement de 50%. Les premiers panneaux sont posés en août 2023 pour ma toiture (j’ai servi de cobaye !). Un an plus tard, on a signé une convention avec Enedis pour lancer la PMO 1 puis ça a continué par vagues. Aujourd’hui on est à 8 toitures raccordées pour 40 kWc installés.


Aujourd’hui, les aides de la région IdF ne sont plus disponibles : notre croissance passe donc par l’intégration de particuliers ayant déjà installé des panneaux solaires sur leur maison, et souhaitant partager leur surplus de production. Nous accueillons bien sûr des nouveaux consommateurs, le surplus des producteurs n’étant pas totalement absorbé.

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Vous fonctionnez en boucle d’autoconsommation collective (ACC), peux-tu nous expliquer rapidement en quoi ça consiste ?

L’autoconsommation collective, c’est une manière de valoriser l’électricité qu’on produit. C’est un montage contractuel qui lie les citoyens producteurs d’électricité aux consommateurs, un peu comme dans une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne). L’électricité produite sur les 8 toitures sur lesquelles ont a mis des panneaux est donc consommée par 20 citoyens raccordés à la boucle. Évidemment, ça ne couvre pas l’ensemble des besoins mais ça veut dire qu’un certain pourcentage de l’électricité qu’on consomme est produite localement.

Mais comment faites-vous pour gérer les problèmes techniques, ça ne demande pas trop de compétences ?

Quand on gère une boucle ACC comme celle-ci, on a surtout un rôle organisationnel et de gestion des quantités d’énergie circulant entre les producteurs et les consommateurs. Enedis nous fournit mensuellement les relevés qu’il faut alors agréger et mettre en forme. Mes compétences en informatique m’ont permis de développer un système de récupération des données de production électrique sur chacune de nos centrales au jour le jour (voir site ici) Les données d’Enedis sont également collectées et agrégées automatiquement.

A la fin, nous pouvons envoyer des relevés à tous les participants de la boucle. Cela permet à chacun de suivre sa consommation et la quantité d’électricité qu’il autoconsomme.

Ça représente combien en moyenne ?

Je dirai que ce qu’on produit représente environ 20% de l’électricité consommée annuellement par les foyers raccordés à la boucle. Notons que le pourcentage fluctue significativement au cours des saisons (beaucoup plus faible en hiver !) .

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Production journalière des boucles ACC

On fait comment pour vous rejoindre ?

Plusieurs choses  :

  • Habiter dans le périmètre de la boucle qui est de 2 km
  • Devenir sociétaire de FSMV, dont le montant de l’action s’élève à 200€
  • Signer un contrat avec nous qui mentionne le la participation à une opération d’ACC
  • Remplir un document qui permet à Enedis de nous communiquer leurs informations de consommation.

Si vous êtes intéressés, en tant que producteur ou consommateur, n’hésitez pas à nous contacter via ce formulaire

En termes de tarif, ça marche comment ?

« Clairement le but n’est pas de gagner de l’argent à tout prix, mais bien de participer à une boucle locale d’énergie verte et un réseau de solidarité. »

Pour l’instant, comme on est une petite boucle, on fonctionne sans facturation. Le conseil de gestion de la coopérative propose un tarif d’échange suggéré qui est actuellement de 16 centimes d’€/kWh.  Ensuite les producteurs et les consommateurs s’arrangent entre eux pour se rembourser. Cela peut-être un virement bancaire comme cela peut être un cageot de pommes ou des confitures, chacun fait comme il veut. Clairement le but n’est pas de gagner de l’argent à tout prix, mais bien de participer à une boucle locale d’énergie verte et un réseau de solidarité.
Pour avoir un ordre d’idée, le tarif bleu d’Edf est de 19 ct€/kWh donc on est en dessous.

Comment gérez-vous la facturation ?

Pas de facturation pour le moment car ça marche comme ça. On fournit des relevés et non pas des factures. Les sommes sont faibles car jamais beaucoup plus de 150€ donc en terme fiscal c’est très OK.

Il y a une histoire de périmètre ?

 Pour le moment, Enedis nous impose d’être à 2 km max entre participants. Si on arrive à inclure un centre de secours dans notre boucle, cela permettra d’élargir le périmètre de 20 kilomètres, on est en négociation avec eux justement.

Quelle est votre dynamique collective ?

Nous sommes une cinquantaine de sociétaires de la coopérative (la structure juridique de FSMV est la SAS). On a un conseil de gestion (CG) avec 5 ou 6 personnes qui se rencontrent tous les 2 ou 3 mois et garde un fil de discussion pour les urgences et les questions. Chaque membre du CG s’occupe de diverses tâches (secrétaire, relations avec Enedis, réunions…). En termes d’investissement personnel, cela me prend une bonne demi-journée par semaine.

Qu’est ce qui te motive à faire tout ça ?

Initialement je voulais juste mettre des panneaux sur ma maison. Après, étant informaticien de profession et faisant partie d’un collectif, j’ai compris que je pouvais aider les autres assez facilement. En plus je suis à la retraite donc ça me laisse le temps de me mettre à la disposition d’une œuvre collective qui va dans le bon sens !

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