Avec l’atelier de sensibilisation “Comprendre sa facture d’énergie”, le collectif Plaine Energie Citoyenne touche un public nouveau
Depuis début 2024, le collectif Plaine Energie Citoyenne (PEC) organise des ateliers de sensibilisation dans les quartiers populaires pour apprendre à décrypter sa facture d’énergie. Nous avons recueilli le témoignage de Clara Sanchez, salariée au sein de PEC.
Peux-tu nous parler de Plaine Energie Citoyenne ?
Plaine Energie Citoyenne (PEC) est à la fois une association et une coopérative qui regroupe des citoyens mobilisés pour développer des énergies renouvelables sur le territoire de Plaine Commune dont font notamment partie Saint-Denis et Saint-Ouen-sur-Seine (au nord de Paris).
- La coopérative est dédiée aux projets d’installation de panneaux solaires photovoltaïques. Grâce à l’épargne collecté auprès des habitants, deux centrales sont déjà en exploitation à Epinay-sur-seine et à Saint-Ouen-sur-seine. La coopérative compte actuellement 130 sociétaires.
- L’association est quant à elle consacrée à la sensibilisation des habitants et à la mobilisation des acteurs locaux sur la transition écologique. Elle compte une trentaine de bénévoles et une salariée.
En quoi consiste l’atelier “comprendre ma facture d’électricité” ?
C’est très simple, l’idée est de dire aux gens de venir à l’atelier avec leur facture d’électricité et on les aide à la décrypter, ligne par ligne. Cela permet, à travers ce prisme, de traiter des enjeux de la transition énergétique. A la fin de l’atelier, on donne des outils et des conseils pour réduire ses factures.
Comment est né ce projet ?
Tout part d’un appel à projet “Politique de la Ville” auquel on a répondu pour l’année 2024. C’était la première fois qu’on demandait, le projet était accepté, on proposait de réaliser 17 ateliers de sensibilisation aux énergies renouvelables et à la sobriété énergétique en un an. Il était demandé de s’adresser à un public des quartiers prioritaires de la ville. On a vu ça comme une porte d’entrée sur des publics avec qui on est peu en contact d’habitude. Jusqu’ici on avait un rapport au grand public surtout via des stands lors d’évènements ou en animant des ateliers dans les écoles sur lesquelles on a mis des panneaux solaires. Cette fois-ci, le fait d’organiser ce type d’ateliers dans des lieux socio-culturels comme des espaces jeunesse ou des maisons de quartiers nous donne accès à un public plus populaire et nous amène à voir les choses autrement.
Quel était l’objectif ?
Au départ on avait imaginé un atelier assez général sur les énergies renouvelables et les initiatives citoyennes. En discutant avec les lieux d’accueil on s’est rendu compte que ça n’allait intéresser personne. Il a fallu qu’on adapte notre contenu pour toucher les problématiques du quotidien. C’est pour ça qu’on a imaginé l’atelier pour comprendre ma facture d’énergie. L’atelier a été conçu uniquement par des bénévoles. Mine de rien, ça les a beaucoup motivés et ça a impliqué pas mal de monde avec cette idée centrale de transmission.
Peux-tu nous partager tes impressions ?
En 2h d’atelier, on s’est rendu compte que c’était trop court par rapport à toutes les questions qui étaient posées. C’est une problématique réelle pour beaucoup de gens que de payer des factures sans comprendre ce que ça signifie. Il y a beaucoup d’idées reçues et de manque de connaissance sur des attitudes très énergivores. Par exemple, on a eu des gens qui pensent qu’un mini radiateur électrique d’appoint ne va pas trop consommer alors que c’est l’inverse ! On profite de l’atelier pour donner un maximum de conseils en s’appuyant par exemple sur les conseils de l’ADEME. Globalement on sent un fort niveau d’inquiétude sur la montée des prix, la peur de ne pas être en capacité de payer, un fort sentiment d’impuissance face à ces coûts. Pour certain.e.s, le fait de comprendre qu’elles vivent dans des passoires thermiques permet déjà d’expliquer pas mal de choses. Parfois c’est les fournisseurs qui mettent en place des contrats super abusifs avec des frais et des montants qui n’ont rien à faire dans ce type de facture.
Qui sont les participants à vos ateliers ?
Principalement des femmes racisées, qui vivent dans des HLM et dont le mari travaille en journée. C’est l’exact inverse du public qu’on touche habituellement. Pour s’adapter à ce public féminin, on essaie de proposer simultanément des ateliers pour les enfants pendant les vacances grâce à la collaboration de l’association les Petits Débrouillards qui fait de la vulgarisation scientifique.
Penses-tu que PEC va pouvoir mobiliser de nouveaux bénévoles grâce à ces ateliers ?
On espère ! on est toujours à la recherche de nouveaux bénévoles !
Pour un public issu de quartiers prioritaires, on voit bien que c’est plus compliqué ! Il y a un monde entre ce qu’on a fait là, et le niveau de sensibilisation nécessaire pour les amener à s’investir bénévolement au sein de PEC, surtout que les gens ont d’autres problématiques plus urgentes comme payer leur loyer. La prochaine étape serait de les aider à faire pression sur leur bailleurs pour que leurs logements soient rénovés thermiquement par exemple !
Enfin pour terminer, as-tu une anecdote à nous raconter ?
Il y a quelques ateliers où on parlait d’énergies renouvelables ou d’énergie solaire, et on s’est rendu compte qu’un certain nombre de participantes étaient finalement très familières de ces énergies du fait de leur présence dans leur pays d’origine, au Maghreb ou en Afrique subsaharienne par exemple.
Pour la suite, quelles sont vos ambitions ?
On a déposé un nouveau dossier pour 2025 qui a été accepté de nouveau. La collectivité Plaine Commune est convaincue de l’impact de nos activités et c’est valorisant. Vous pouvez suivre tous nos évènements sur notre facebook ou notre page linkedin.
