Cap sur les 10 ans : Retour sur la journée stratégique de La Fruitière à Énergies

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Le samedi 20 juin 2026, presque 40 sociétaires, bénévoles et salariés de La Fruitière à Énergies se sont réunis à Quingey (Doubs) pour une journée stratégique et conviviale, alors que le collectif approche de ses 10 ans.

Au programme de la journée : rétrospective des 9 dernières années, actualités de la filière photovoltaïque, restitution d’un audit économique approfondi, débats mouvants et travaux en sous-groupes sur la stratégie de développement et de partenariats. 

Ce temps s’inscrit dans le cadre de d’un accompagnement à la consolidation « OETC » animé par Énergie Partagée Bourgogne-Franche-Comté avec l’appui de l’association CoopaWatt

10 ans d’ancrage local et une forte implication dans le réseau de l’énergie citoyenne

Après le mot d’accueil du président Yves Monot, la matinée s’est ouverte sur une rétrospective animée par Jean-François Dugourd, directeur, et Katja Ratte, chargée de projets. Des premières réunions « Tupperwatt » en 2017 jusqu’au projet d’envergure du collège de Bethoncourt (350 kWc), le chemin parcouru est impressionnant. Née en 2016 grâce à 56 pionniers, La Fruitière rassemble désormais 335 associé·es, compte 14 installations photovoltaïques en service, a accompagné 104 projets et multiplié les actions de sensibilisation. 

Cette trajectoire s’inscrit au cœur du mouvement de l’énergie citoyenne, rejoint officiellement par la structure en 2021. À l’échelle de la Bourgogne-Franche-Comté, le réseau régional fédère aujourd’hui 12 collectifs et coopératives qui ont mis en service 37 installations et mobilisé plus de 775 000 € d’épargne locale. Preuve de la professionnalisation de la filière et de son impact sur l’économie locale, ces structures soutiennent quatre emplois salariés non délocalisables, répartis entre La Fruitière et La Charbonnette (Yonne). 

Le grand bouleversement du photovoltaïque : vers la fin de l’Obligation d’Achat ?

L’un des temps forts de la matinée a été consacré à un décryptage de la filière photovoltaïque, permettant de mettre à niveau l’ensemble des associé·es sur les bouleversements du marché. Louise Balmer, de CoopaWatt, a partagé un constat peu réjouissant : l’effondrement des tarifs d’obligation d’achat (OA) rend les projets classiques en injection totale non rentables.  

Ce coup de frein brutal force les collectifs à réinventer leurs modèles. Si l’OA conserve un intérêt de filet de sécurité contractuel à long terme, l’avenir se dessine désormais à travers de nouveaux modes de valorisation, au premier rang desquels figure l’Autoconsommation Collective (ACC). Les perspectives résident également dans la diversification vers d’autres filières renouvelables, à l’image de la chaleur-bois. Enfin, les échanges ont mis en lumière la question du stockage d’énergie, une brique technologique qui semble indispensable à l’avenir et que La Fruitière commence déjà à explorer sur des projets résidentiels pionniers.

Restitution de l’audit économique : consolider pour mieux rebondir

En comparant les bilans réels des toitures de la coopérative à des modèles théoriques prévisionnels, l’étude réalisée par CoopaWatt a mis en lumière une bonne maîtrise des charges salariales et une forte capacité à mobiliser des aides financières.

L’audit rappelle toutefois une réalité structurelle : la seule vente d’électricité ne suffit plus à autofinancer les postes. Pour maintenir une équipe salariée stable, la coopérative doit diversifier ses prestations rémunératrices : animations pour les scolaires, ingénierie territoriale, groupements d’achats, etc.

Débats mouvants et cas concrets : qu’est-ce qu’un « bon » projet citoyen ?

La suite de la journée a laissé place à l’expression collective. Plusieurs débats mouvants animés par Chloé Quinonero d’Energie Partagée Bourgogne-Franche-Comté ont amené les participant.es a prendre position et à argumenter autour de sujets stratégiques pour la suite du développement de la coop : Faut-il s’ouvrir au co-développement avec des développeurs privés ? Faut-il prioriser la diversification des filières et activités au sein de La Fruitière à Énergies ? A quelles conditions La Fruitière peut-elle s’engager dans de plus gros projets d’énergies renouvelables (photovoltaïque au sol, éolien, etc) ?

Le Comité de Gestion a rappelé ses lignes rouges à travers la revue de projets récemment analysés et refusés à l’unanimité.

Sous une forte chaleur en ce temps de canicule, la journée s’est clôturée par des travaux en sous-groupes. Les participant.es ont planché sur l’évaluation des feux verts et feux rouges de trois opportunités de projets partenariaux pour La Fruitière à Énergies. Ces travaux permettront de valider et compléter les orientations actuelles et de nourrir les réflexions en cours sur la stratégie partenariale à adopter.

Quelles suites ?

Riche en écoute, en retrouvailles et en perspectives enthousiasmantes, cette journée montre que malgré un contexte très difficile, les coopératives citoyennes font preuve de résilience en s’appuyant sur une communauté soudée, un savoir-faire reconnu et une utilité territoriale forte.

Pour faire suite à la journée, un questionnaire en ligne sera partagé avec l’ensemble des associé⸱es afin de formaliser les retours et d’éclairer les choix stratégiques finaux qui seront arbitrés par le Conseil de Gestion.

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