[Interview] Comment l’éolien citoyen concilie production d’énergie et biodiversité

Vue à contre jour de deux éoliennes du parc Les Grands Fresnes dans un champs de tournesols

Le développement d’un parc éolien peut avoir des impacts négatifs pour la faune et la flore. Quentin Maréchal, responsable d'investissement d'Énergie Partagée, nous explique comment ces enjeux sont pris en compte, et en quoi l’approche citoyenne renforce la préservation de la biodiversité.

Quentin, quel est ton rôle à Énergie Partagée et quelle est ton expertise en matière d’éolien ?

Quentin Maréchal

Je suis responsable d’investissement à Énergie Partagée, au sein du pôle “Investissement”. Nous apportons aux projets d’énergie citoyenne et à leurs porteurs (collectifs citoyens, collectivités, …) notre expertise et nos capacités en matière de structuration de partenariats, de co-financement des projets en fonds propres, d’expertise financière, technique et juridique, d’animation et suivi de projets.

Précédemment, j’ai travaillé comme développeur de parcs éoliens pour un opérateur privé. Et à Énergie Partagée, j’accompagne de nombreux projets éoliens citoyens en développement et en exploitation. J’ai donc une expertise particulière sur cette filière, et de nombreux retours d’expérience sur les enjeux de biodiversité dans les projets éoliens.

Qu’est-ce qui distingue un projet éolien citoyen d’un projet classique qui proposerait du financement participatif ?

La différence, c’est le pouvoir de décision. Contrairement à une simple opération de financement participatif, les projets labellisés par Énergie Partagée garantissent aux acteurs locaux, qu’il s’agisse de citoyens ou de collectivités, une implication réelle dans la vie et la structuration du projet. Cela se traduit par un accès à un minimum de 40 % du capital du projet ; c’est souvent plus, parce que les citoyens ont la motivation de s’approprier le projet au sens plein du terme.

L’appropriation par les citoyen·nes et par les collectivités, ça se traduit comment dans la vie d’un projet éolien citoyen ?

En pratique, des représentants des citoyens et des collectivités sont actifs au sein des comités de direction. Ils y participent en toute connaissance de cause à la construction et la validation des décisions, et ils disposent d’un droit de veto pour bloquer des décisions qui iraient à l’encontre de l’intérêt local.

Comité de pilotage du parc éolien citoyen La Grande Levée (2019)

Cette implication est rendue possible par une association des acteurs locaux le plus en amont possible dans le développement des projets. Ils sont formés et accompagnés pour monter en compétence sur des sujets d’une grande complexité. Il faut imaginer qu’un dossier de demande d’autorisation pour un parc éolien peut compter entre 1400 et 1800 pages. En étant intégrés dès les premières phases, les citoyens et les élus ont plus de temps pour comprendre chaque enjeu, chaque choix technique et chaque contrainte, leur permettant ainsi d’exercer leur pouvoir de manière éclairée et responsable.

Comment est-ce que vous choisissez l’endroit où sera installé un parc éolien citoyen ?

Avant même d’envisager où installer une éolienne, on commence par identifier où il ne faut surtout pas en mettre ! Un bureau d’études spécialisé établit un pré-diagnostic environnemental qui nous permet d’identifier et d’exclure d’emblée les zones les plus sensibles.

Cela passe par une analyse cartographique dense, qui croise des dizaines de “couches” de données (environnement, aviation, infrastructures, …). Cette analyse porte sur plusieurs kilomètres autour du site prévu, afin de ne rater aucun enjeu environnemental notamment, par exemple, la présence d’une zone protégée à 2-3 km des éoliennes, dont les espèces pourraient être perturbées si elle se déplace un peu vers le site.

Nous excluons d’emblée les zones Natura 2000, qui n’interdisent pas strictement le développement éolien, même s’il y est plus compliqué, ainsi que des zones humides pré-identifiées qui ont un intérêt pour la biodiversité. Au final, nous n’étudions de façon plus approfondie que les zones qui présentent le moins d’impacts potentiels.

Et une fois une zone pertinente identifiée, d’autres études sont lancées pour évaluer les risques pour la biodiversité locale ?

Exactement , une fois une zone potentielle identifiée, on lance des études environnementales approfondies, qui sont menées sur le terrain pour une durée minimale d’une année complète, par des bureaux d’études naturalistes.

Ces études représentent un investissement important, qui n’est jamais inférieur à 60 000 euros. Et on n’hésite pas à dépenser plus, dès lors qu’on identifie des enjeux potentiels (protection des chauve-souris ou des oiseaux, etc).

2019-Guide élaboration étude impacts parcs éoliens-Cartes chiroptères_comp
Exemple d’analyse cartographique des habitats (à gauche) et des enjeux (à droite) chiroptères (chauve-souris) (source : Biotope, in Ministère de la Transition Ecologique, « Guide relatif à l’élaboration des études d’impacts des projets de parcs éoliens terrestres », 2020, p.115-120)

Au moins un an d’études, c’est long ! Pourquoi une telle durée ?

Mener les études environnementales pendant au moins un an, ce n’est pas un luxe : c’est indispensable pour observer l’intégralité des cycles de vie, sur les quatre saisons complètes, de la flore et de la faune (nidification, migration, hibernation) et éviter des erreurs d’évaluation qui pourraient s’avérer sérieuses.

Sur le terrain, comment se déroulent ces études ?

Intervention d'un écologue pour étudier les espèces présentes sur un site pressenti pour un projet éolien.

Des naturalistes spécialisés viennent régulièrement sur site et réalisent des inventaires détaillés. Pour l’avifaune, il faut compter 25 jours de présence sur le terrain, au fil de l’année, pour observer les oiseaux, rechercher les nids, recenser les différentes espèces. Si la zone est favorable à la biodiversité, il peut parfois y en avoir plus d’une centaine différentes, car on étudie de grandes surfaces avec souvent plusieurs habitats (prairies, parcelles de culture, haies, boisements, etc.), même si on sait qu’une partie de ces habitats seront évités par la suite.

Pour les enjeux liés aux chauve-souris, on lance aussi une étude dédiée, qui comporte à la fois des dispositifs d’écoute au sol, et d’autres en hauteur sur un mât de mesure de 120 mètres. Une telle étude coûte autour de 100 000 €, mais elle est cruciale, car les espèces dites de « haut vol », comme les noctules, sont les plus impactées par l’éolien et ne peuvent pas être recensées efficacement depuis le sol.

Il y a aussi tout un tas d’autres études, sur la flore, les habitats, les mammifères, les amphibiens, l’entomofaune (les insectes), les zones humides, mais ce serait long de tout détailler !

2019-Guide élaboration étude impacts parcs éoliens-Capteurs chiroptères_comp
Dispositifs d’écoute pour étudier la présence de chauve-souris (chiroptères) sur un site de projet éolien (© Synergis Environnement)

Une fois ces études achevées, comment le développement du parc éolien se poursuit-il ?

Les résultats de cette année d’études biodiversité et des autres études (paysage, acoustique, danger, etc.) constituent ce que l’on appelle les « états initiaux » : c’est une photographie la plus exhaustive possible des enjeux sur site et à proximité, avant projet, qui sert de référence intangible pour toute la conception. Les bureaux d’études fournissent des cartographies précises des enjeux, identifiant par exemple des secteurs à fort enjeu qu’il faut absolument éviter.

On dessine alors le plan du parc de manière itérative, en cherchant constamment à minimiser les impacts. Les bureaux d’études ré-évaluent les impacts sur la base de ces plans et nous préconisent éventuellement des corrections, pour obtenir au final l’impact global le plus réduit.

Comment faire pour réduire les impacts d’un projet sur la biodiversité ? Tu as des exemples ?

Me revient l’exemple d’un projet sur lequel une première étude d’impact s’est révélée très négative : une des quatre éoliennes prévues se situait dans un verger à forte biodiversité. Et, plutôt que de chercher coûte que coûte une manière de contourner la difficulté, par exemple via des mesures de compensation, le collectif citoyen a décidé de supprimer purement et simplement cette éolienne, même si cela rendait le projet moins intéressant économiquement.

Dans ce genre de cas, le pouvoir de décision citoyen prend toute son importance, et permet des choix plus ambitieux ou plus courageux, en termes de préservation de la biodiversité, que ceux que prendrait probablement un acteur privé.

Lorsque éviter complètement les impacts n’est pas possible, nous mettons en place des mesures de réduction. La plus emblématique est le bridage des éoliennes pour protéger les chauves-souris. Les éoliennes sont mises à l’arrêt dans les conditions précises où les chauves-souris sont les plus actives, typiquement : la nuit, lorsque la température dépasse 10°C, que la vitesse du vent est faible (inférieure à 7 m/s) et qu’il ne pleut pas. Cette mesure de protection a un coût direct, car elle entraîne une perte de production annuelle qui peut aller de 1 % à 14 % ; c’est un coût que les porteurs du projet assument entièrement.

Viser un haut niveau de protection de la faune et de la flore, c’est un objectif qui fait partie de l’ADN d’Énergie Partagée. Donc nous faisons régulièrement des arbitrages en faveur de l’environnement et au détriment de la maximisation de la rentabilité, plus souvent qu’un développeur privé classique.

On acquiert de l’expérience supplémentaire à chaque nouveau projet, et les connaissances scientifiques en matière d’écologie sont évolutives, donc on améliore constamment nos pratiques. Pour autant, il faut rester humble : cette avancée des connaissances est perpétuelle et chaque projet reste un cas particulier, avec ses difficultés spécifiques, et parfois on ne réussit pas à atteindre directement notre niveau d’exigence ou nous devons faire des ajustements durant l’exploitation du parc.

Face à un impact inévitable, tu as évoqué des mesures de compensation. Tu peux nous en dire plus ?

Tous les impacts ne sont pas évitables, et la règlementation impose de compenser les impacts restants. Par exemple, si on doit couper des arbres ou des haies, on doit en replanter ailleurs de façon équivalente.

Dans l’approche citoyenne des projets éoliens, nous essayons d’aller au-delà des mesures de compensation obligatoires ; dans l’exemple des haies, on va plutôt en replanter trois fois plus qu’on en a coupé, et on va signer des conventions avec des agriculteurs pour que les haies soient entretenues afin de jouer pleinement leur rôle écologique, dans la durée.

Plantation de haies par des bénévoles du parc éolien citoyen de l'Hyrôme, co-financé par Energie Partagée.
Chantier participatif de replantation de haies par des bénévoles du parc éolien citoyen de l’Hyrôme en Maine-et-Loire (2019)

Au-delà de ce que prévoit la règlementation, nous réfléchissons aussi avec les citoyens, avec les associations environnementales locales, pour financer et mettre en œuvre des actions d’accompagnement supplémentaires en faveur de la biodiversité. Par exemple, sur un projet, suite à la proposition d’une association environnementale, on a installé des nichoirs à chauve-souris supplémentaires, évidemment à une distance adaptée des éoliennes.

Dans un autre cas, on a passé un accord avec un propriétaire qui a accepté de placer un terrain de 1,2 ha sous le statut d’Obligation Environnementale Réelle, ce qui protège le terrain de toute intervention humaine pour 99 ans, y compris vis-à-vis du propriétaire lui-même, et le transforme de fait en réserve de biodiversité à long terme. Les mesures d’accompagnement se discutent et s’imaginent vraiment au cas par cas, selon le contexte local dans toutes ses dimensions.

Le chantier de construction d’un parc éolien peut lui-même avoir des impacts négatifs sur la biodiversité, non ?

Si, bien sûr ! Et c’est pour cela qu’on doit prendre d’autres mesures de protection de l’environnement. La réglementation est en soi très exigeante, donc on porte notre vigilance essentiellement sur le fait qu’elle soit bien respectée dans les faits.

On s’assure que toutes les mesures de réduction des impacts sont réellement mises en œuvre : suspension des travaux pendant les périodes de nidification des oiseaux, installation de barrières de protection des amphibiens, inspections sur place menées par un ou une écologue, gestion stricte des déchets du chantier (tri, évacuation et recyclage), gestion des couches de terre décaissée, remise en état des cheminements temporaires, … On parle de nombreuses mesures de protection différentes !

Vu toutes les précautions prises en amont, y a-t-il encore des actions spécifiques à prendre une fois les éoliennes mises en service ?

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le travail de protection de l’environnement ne s’arrête pas une fois les éoliennes mises en service.

Durant une à trois années (selon les régions) au début du fonctionnement d’un parc éolien puis tous les dix ans jusqu’à la fin de vie du parc, un suivi de mortalité est obligatoire. Des naturalistes inspectent régulièrement le pied de chaque éolienne pour vérifier si des oiseaux ou des chauves-souris ont été victimes de collisions. Un suivi d’activité des chauves-souris se poursuit aussi avec des écoutes en hauteur, cette fois via des micros installés sous la nacelle des éoliennes. Grâce à cette double surveillance, on peut corréler la mortalité observée avec l’activité réelle des chiroptères pour affiner les stratégies de protection.

Si on observe une mortalité anormale, on peut par exemple ajuster les mesures de bridage pour les rendre plus efficaces. Ces ajustements, qui peuvent encore réduire la production électrique, sont de nouveau assumés par les porteurs du projet. Le suivi de mortalité du parc est renouvelé jusqu’à ce que les résultats soient jugés satisfaisant par l’administration.

Pour mettre le sujet de la mortalité en perspective, il est sans doute utile de rappeler que, d’après les études scientifiques disponibles, les éoliennes causent environ 0,1 % de la mortalité directe des oiseaux imputable aux activités humaines (chats domestiques, routes, collisions avec des parois vitrées, pylônes électriques, …), sans compter le déclin des populations d’oiseaux dû à l’usage des pesticides. Pour les chauves-souris, cette mortalité directe liée aux éoliennes en l’absence de toute mesure de réduction d’impact peut être plus préoccupante, mais les mesures de type bridage peuvent être très efficaces. Au-delà de la mortalité, d’autres sujets sont à surveiller comme le dérangement et la perte d’habitat. L’ensemble du sujet de la préservation de la biodiversité est complexe, les connaissances scientifiques sont en perpétuelle évolution.

Les éoliennes restent une installation industrielle qui apporte un service collectif conséquent et dont il faut maîtriser les impacts environnementaux. Concilier énergie renouvelable et biodiversité, c’est une ambition forte portée dans le réseau Énergie Partagée. Et de nombreux exemples parmi les projets citoyens démontrent que c’est possible.

Propos recueillis par Xavier Rabilloud

Chronologie du développement d’un projet éolien

Phase d’études (2 à 3 ans)

  • Pré-analyse cartographique : le projet débute par une analyse sur carte pour identifier les zones à enjeux et exclure d’emblée les secteurs problématiques (comme les zones humides).
  • Études et détermination de l’état initial (minimum 1 an) : si la zone est validée, des études poussées sur la faune et la flore sont lancées, sur un cycle complet d’un an minimum afin d’établir un état initial de la biodiversité avant projet.
  • Définition de l’implantation : à partir de cet état initial, le bureau d’études et les porteurs du projet étudient plusieurs variantes d’implantation des éoliennes de façon itérative pour choisir celle qui minimise les impacts.
  • Étude d’impact détaillée : une fois l’implantation finale choisie, une étude d’impact très précise est réalisée pour évaluer les impacts. C’est à ce stade que sont définies les mesures d’évitement, de réduction (comme les bridages pour les chauves-souris), de compensation et d’accompagnement. A l’issue de ce processus et de la démarche ERC, le parc doit avoir un impact modéré à très faible, sinon il faut recommencer.

Phase « amont » avec l’administration

  • Rencontre consultative : avant de déposer le dossier final de demande d’autorisation, les porteurs de projet rencontrent l’administration, notamment la DDT (Direction Départementale du Territoire) et la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) avec un dossier quasi abouti pour recueillir leurs préconisations.
  • Ajustements : si l’administration émet des réserves, il peut être nécessaire de revoir l’implantation et de refaire une étude d’impact.

Phase d’instruction et enquête publique (en théorie 6 mois, en pratique 1 à 2 ans)

  • Dépôt du dossier et recueil des avis : le dossier complet est déposé. Différents services émettent des avis : la DDT et la MRAe (Mission Régionale d’Autorité environnementale) pour la biodiversité, mais aussi la DREAL, l’armée, la DGAC (aviation) et les Architectes des Bâtiments de France (ABF).
  • Enquête publique : le dossier, incluant les avis environnementaux, est versé à une consultation publique (ex enquête publique) qui dure désormais 3 mois. Le dossier peut encore évoluer durant cette période (par exemple, pour augmenter les bridages de protection).
  • Décision finale : Le Préfet s’appuie sur le rapport du commissaire enquêteur et l’ensemble des avis administratifs pour prendre sa décision finale. S’il est favorable, il délivre une autorisation environnementale par arrêté préfectoral, qui donne le droit de construire et d’exploiter les éoliennes, et les mesures environnementales à respecter.

Phase de chantier (construction)

  • Mise en place des mesures environnementales : les mesures de compensation sont actées (ex : conventions avec les agriculteurs pour planter des haies),.
  • Travaux sous contraintes : le chantier respecte des règles très strictes, souvent sous le contrôle d’un écologue. Il y a des périodes d’interdiction de travaux (par exemple entre mars et juillet pour ne pas perturber la nidification des oiseaux). De nombreuses mesures de protection et de prévention sont également mises en place.

Phase d’exploitation et suivi environnemental

  • Suivi initial (1 à 3 premières années) : une fois le parc en fonctionnement, des suivis environnementaux sont imposés. Des écologues passent très régulièrement (jusqu’à une fois par semaine) pour vérifier la mortalité au pied des machines et suivre l’activité des chauves-souris en hauteur. Dans certaines régions (comme la Bretagne), ce suivi est systématique pendant les trois premières années.
  • Ajustement des mesures : à l’issue de la première année, les résultats du suivi permettent d’adapter les bridages : on peut les réduire si l’impact est plus faible que prévu, ou les augmenter si une surmortalité est constatée.
  • Suivis périodiques : passé les premières années, les suivis environnementaux s’espacent et sont généralement menés à des intervalles réglementaires (une fois tous les 10 ans jusqu’à la fin de vie du parc éolien).

Fin de vie du parc : démantèlement ou prolongation

  • Remise en état : les provisions financières nécessaires au démantèlement du parc sont obligatoirement prévues dès la construction. En fin de vie, le démantèlement prévoit le retrait des éoliennes, l’enlèvement des fondations, et la restauration du site à son état initial (décaissement des chemins non utiles, remise des terres).
  • Alternative (prolongation) : il est également fréquent d’envisager une prolongation de la vie du parc. Si les audits le permettent, la fondation et le mât peuvent être conservés en changeant la nacelle, ou de nouvelles éoliennes peuvent être reconstruites à proximité.

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