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Énergie citoyenne : retours sur les positions des candidats à l’élection 2017

Le mercredi 5 avril, Énergie Partagée organisait avec tout un collectif d'acteurs de la transition et d'ONG un débat avec les représentants des équipes des candidats à l'élection présidentielle. On revient sur les positions de chacun sur la place des citoyens dans l'avenir énergétique de la France.

Les objectifs du collectif pour l'énergie citoyenne

Afin de cadrer le débat, le collectif qui organisait la rencontre a formulé 6 propositions pour faciliter l’implication des citoyens dans la transition énergétique.

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Notamment :

  • Un objectif de 15 % des énergies renouvelables entre les mains des citoyens et collectivités à l’horizon 2030
  • Un cadre législatif adapté aux enjeux de l’énergie citoyenne,
  • La création d’un écosystème nécessaire au changement d’échelle (outils financiers, accompagnement, information et sensibilisation).

Des échanges vifs entre les participants

Si tous les représentants des candidats présents s’accordaient pour reconnaître l’importance de favoriser l’émergence des énergies renouvelables locales et citoyennes, les moyens d’y parvenir diffèrent selon les programmes et les sensibilités politiques.

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Pour Julien Armijo, pour l’équipe de planification écologique de Jean-Luc Mélenchon, ce modèle coopératif et citoyen est central. « Transition énergétique et transition citoyenne sont vraiment des enjeux transverses » du programme de la France Insoumise, qui souhaite provoquer un « véritable foisonnement de coopératives ».

Selon Bertrand Pancher, député UDI qui parle au nom de François Fillon, « il faudrait être fou pour ne pas parier sur le développement des énergies renouvelables qui démocratise et décentralise la production énergétique ». Mais son équipe « n’est pas rentrée clairement dans les détails de la façon dont nous pouvons les soutenir ».

Le but, c'est de s'inscrire dans une logique de réseau. Le réseau, c'est la solidarité. Pierre Radanne - Le Labo de l'ESS

Corinne Lepage, avocate qui a rejoint l’équipe d’Emmanuel Macron, explique que celui-ci veut permettre à chacun de « faire soi-même » en poussant notamment plus loin les possibilités d’autoconsommation. Il souhaite également que « le bonus pour les projets participatifs soient systématique dans les appels d’offres et ce dès le début du lancement des appels d’offres, de façon à ce qu’il y ait une certitude dès le départ pour les acteurs ».

Pour Ronan Dantec, sénateur EELV, qui représente Benoît Hamon, l’enjeu est également financier, avec la question de l’épargne des citoyens. « Il faut des systèmes simples pour l’orienter facilement vers les projets » et « des garanties pour les épargnants qui investissent dans la transition énergétique ».

Plus d'une centaine de personnes étaient au rendez-vous au Petit Bain à Paris

Nationaliser, décentraliser ? Comment financer ?

Du côté de Corinne Lepage, le mot d’ordre est « pragmatisme ». Elle ne partage pas toutes les orientations de son candidat et souhaiterait parfois qu’il aille plus loin dans ses ambitions sur la question de la transition énergétique, mais soutient qu’il propose le programme le plus crédible sur le plan économique.

Pour l’équipe de la France Insoumise, la transition énergétique passe par la création d’un pôle public de l’énergie, via  « la nationalisation d’EDF, d’Engie, des grandes fermes éoliennes, des grands barrages hydroélectriques… » Ce pôle public serait également chargé d’assurer une égalité d’accès à l’énergie aux citoyens, et donc de lutter contre la précarité énergétique.

Le cap de Benoît Hamon est clair : une génération pour sortir du nucléaire. Ronan Dantec - Sénateur EELV

Enfin, quand Julien Armijo et Ronan Dantec s’entendent d’emblée sur une sortie rapide et nécessaire du nucléaire, Corinne Lepage met plutôt en avant un audit réalisé par l’Autorité de Sûreté Nucléaire, et Bertrand Pancher se montre plus mesuré sur la question en s’en tenant aux objectifs européens.

Le représentant de l’équipe de F. Fillon déplore également « le bricolage industriel de certains de nos grands producteurs d’énergie comme EDF et AREVA ces dix ou quinze dernières années » qui a entraîné une explosion des coûts des installations.

 

Le mot de la fin

Finalement, de nombreuses questions restent encore en suspens. Mais c’est la première fois que la question de l’énergie citoyenne s’invite aussi directement dans l’agenda politique des équipe des campagnes avant une élection présidentielle en France.

Cette rencontre peut donc constituer une étape importante dans la prise en compte de la dimension collective et citoyenne de la production d’énergie renouvelable par nos responsables politiques.

On en parle dans les médias

"Énergie citoyenne : les candidats à la présidentielle font la danse du ventre" par Contexte
"Les candidats s'intéressent peu à l'énergie citoyenne" par Reporterre
"Transition énergétique : les positions des candidats" par Environnement Magazine

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