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O’MEGA1 : Énergie Partagée s’implique dans le photovoltaïque flottant de grande puissance

Le 18 octobre dernier, nous nous sommes rendus à Piolenc, dans le Vaucluse, pour l’inauguration de la centrale solaire flottante O’MEGA1, une première en Europe ! Énergie Partagée est actionnaire du projet au côté de la commune et d'une vingtaine d'habitants.

O’MEGA1, ce sont 47 000 panneaux photovoltaïques, fixés sur des flotteurs à la surface d’un des lacs artificiels laissés par une carrière à proximité de la petite ville de Piolenc. Cette installation de 17 MWc, voulue par le conseil municipal et développée par Akuo, produira désormais 23,6 MWh par an, soit l’équivalent de la consommation d’environ 10 000 personnes. O’MEGA1 fait donc de Piolenc (5200 habitant·e·s) une commune à énergie positive !

Vendredi 18 octobre, plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux habitants de la commune, sont venues au bord du plan d’eau pour inaugurer cette réalisation.

 

La centrale O’MEGA1 est la plus puissante centrale solaire flottante d’Europe. La technologie est de création française : c’est la société Ciel&Terre qui a inventé les flotteurs destinés aux panneaux solaires, et qui a implanté les premières installations de ce type, en France et en Asie. C’est aussi Ciel&Terre qui avait dès 2010 mis en place à Piolenc un démonstrateur de petite taille, toujours en fonction. Les flotteurs d’O’MEGA1 sont fabriqués par la société TIAG dont l’usine est installée en Corrèze.

Un investissement inédit et cohérent pour Énergie Partagée

C’est la première fois qu’Énergie Partagée investit dans un projet de production d’énergie solaire d’une telle ampleur. La technologie du solaire flottant, novatrice et encore émergente en France, a déjà fait ses preuves dans d’autres pays, et présente à l’échelle de l’Hexagone un potentiel important.

En codéveloppant des projets avec des développeurs privés, nous croisons l’expertise technique des industriels et les spécificités des projets citoyens dont Énergie Partagée est porteuse. Ce faisant, nous amplifions l’impact du mouvement de l’énergie citoyenne dans le mix énergétique français. Cette première collaboration avec Akuo ouvre la voie à notre participation plus précoce au codéveloppement d’autres projets d’énergie renouvelable ambitieux, dans lesquels nous pourrons pousser plus loin encore les curseurs de l’implication citoyenne et de l’ancrage territorial.

D’ores et déjà, nous garantissons l’accès effectif des citoyens à la gouvernance d’O’MEGA1, pendant toute la durée de l’exploitation : le document contractuel qui lie les associés de la société de projet (le pacte d’associés) engage celle-ci à assurer à long terme plus de 40 % de participation citoyenne, directe ou intermédiée par Énergie Partagée. Dans cette optique, Énergie Partagée s’attachera à mobiliser des habitant·e·s du territoire au sein d’un collectif local participant à la gouvernance de la société. Nous renforçons donc la dimension participative initiée par Akuo, qui a suscité le co-financement du capital de la société de projet par une vingtaine de personnes de la commune.

 

La directrice financière d'Énergie Partagée, Florence Martin, explique la logique de notre investissement dans le projet O'MEGA1
Florence Martin, directrice financière d’Énergie Partagée, explique la démarche et les modalités de notre investissement dans la centrale solaire flottante O’MEGA1

Nous sommes attentifs à ce que les projets d’énergie renouvelable dans lesquels nous investissons prennent les mesures nécessaires à la réduction de leur impact sur l’environnement. En l’occurrence, la filière du solaire flottant est elle-même une réponse pertinente à la problématique de la concurrence des usages des terrains, notamment entre production agricole et production énergétique. Avec cet investissement, nous entendons accompagner le développement d’une nouvelle filière de production d’électricité qui, en utilisant des plans d’eau artificiels, évite d’empiéter sur des espaces naturels ou des terres agricoles.

De plus, une activité agricole bio en permaculture et circuit court va être implantée sur une parcelle contiguë à la centrale solaire. Cette articulation de production alimentaire responsable et de production d’énergie renouvelable participe également à nos yeux à la cohérence de cet investissement, qui est non seulement au service de la transition énergétique mais aussi de la transition agroécologique.

Une filière novatrice qui épargne les terres agricoles

Cette nouvelle filière, le solaire flottant, permet de valoriser des surfaces jusqu’alors inutilisées, en évitant tout conflit d’usage avec d’autres activités, agricoles en particulier, ni mettre en danger des écosystèmes locaux. De plus, au côté des autres acteurs du projet, nous portons la volonté d’un suivi environnemental rigoureux afin de détecter tout impact négatif qui n’aurait pas été anticipé ; ce suivi sera piloté par un comité dont feront partie des associations environnementales locales ainsi qu’Énergie Partagée.

Sur le site, l’ampleur de l’installation, qui s’étale pourtant sur 17 ha (une partie seulement du plan d’eau), reste paradoxalement discrète. En effet, les panneaux, situés au ras de l’eau et reflétant partiellement la couleur du ciel comme l’eau elle-même, ne tranchent pas particulièrement à la surface du lac. Plus loin, on aperçoit par contre très bien les imposants bâtiments du centre nucléaire de Marcoule…

Akuo relève que le recensement des plans d’eau effectué par le Ministère de la Transition écologique et solidaire permet d’envisager un potentiel exploitable à court terme qui représenterait une puissance de 10 GWc, de quoi alimenter en électricité plus de 2,5 millions de foyers. Les plans d’eau concernés sont tous artificiels : réservoirs d’eau de pluie, bassins de traitement des eaux usagées, réservoirs d’irrigation ou d’eau potable, lacs de barrages hydroélectriques…

Un autre intérêt du solaire flottant réside dans les avantages apportés par l’eau elle-même : en refroidissant naturellement l’installation, elle permet un accroissement du rendement des panneaux photovoltaïques de 5 à 10 %.

Combiner énergies renouvelables et agroécologie

Pour l’entreprise Akuo, la mise en œuvre d’une installation flottante s’inscrit dans une démarche de longue date visant à combiner transition énergétique et transition agroécologique, avec des projets qui font l’objet d’évaluations agronomiques.

Ainsi, Akuo, avec sa filiale spécialisée Agriterra, a développé sur l’île de La Réunion des installations photovoltaïques visant à maximiser leur complémentarité avec des activités agricoles, notamment grâce à des ombrières solaires à plus de 3 m de hauteur qui apportent un certain nombre d’avantages aux cultures (ombrage mesuré mais bienvenu lors des fortes chaleurs ; interception des fortes pluies qui ruissellent sur les panneaux au lieu de venir taper directement les feuillages ; etc.). Akuo a déjà réalisé dans le monde 27 projets d’ « agrinergie » totalisant 166 hectares.

Sur le site d’O’MEGA1, Akuo dédie une parcelle de 5 ha pour l’installation d’une ferme en agriculture permaculturelle bio, destinée à fournir en circuit court 500 repas par jour aux cantines de l’intercommunalité. Une activité d’apiculture sera également mise en place.

De plus, la Fondation Akuo anime chaque mois un atelier de sensibilisation et d’expérimentation auprès des enfants du centre de loisirs de Piolenc, sur des thématiques en rapport avec les énergies renouvelables et la permaculture.

Par ailleurs, les élèves de Piolenc ont co-élaboré des panneaux pédagogiques qui émaillent un parcours de découverte sur le site. Certains ont d’ailleurs pu présenter leur travail à la Ministre de la transition écologique Élisabeth Borne et à la secrétaire d’État Brune Poirson, qui étaient présentes à l’inauguration et ont toutes deux salué, dans leurs prises de parole, les dimensions innovantes et participatives d’O’MEGA1.