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[Interview] Claudette Lacombe, présidente du parc éolien citoyen Isac-Watts

À quelques jours de la journée internationale des droits des femmes (le 8 mars), Énergie Partagée interroge 5 femmes impliquées dans des projets citoyens de production d'énergie renouvelable. Aujourd'hui, Claudette Lacombe, présidente du parc éolien citoyen Isac-Watts (Loire-Atlantique) nous répond.

Claudette Lacombe, présidente du parc éolien citoyen Isac-Watts cofinancé par Energie Partagée

Claudette Lacombe est présidente de la SAS Isac-Watts, qui gère un parc éolien citoyen d’une puissance de 8 MWc à Sévérac et Guenrouët (44), en service depuis début 2016. Doté de 4 éoliennes, il a été cofinancé par Énergie Partagée à hauteur de 308 000 €.

 

Claudette, comment en es-tu arrivée à présider Isac-Watts ?

L’association EPV (Énergies citoyennes en Pays de Vilaine) chapeaute les projets d’énergies renouvelables citoyennes dans ma région. Je l’ai rejointe pour suivre le projet de Sévérac et Guenrouët près de mon village, alors que le permis de construire était sur le point d’être accordé.

J’ai voulu m’occuper de quelque chose d’important, travailler avec de nouvelles personnes, monter en compétence. Aucun·e d’entre nous n’est du métier.

« J’ai voulu m’occuper de quelque chose d’important, travailler avec de nouvelles personnes, monter en compétence. »

 

Quelle est la part des femmes dans cette société citoyenne ?

On est aujourd’hui 400 sociétaires, après avoir créé la société Isac-Watts avec cinq personnes. On a voulu être paritaires et intergénérationnels, faire qu’il y ait un peu plus de femmes et plus de jeunes et d’actifs dans notre conseil de direction et dans les groupes de travail. On l’a exprimé dans nos statuts, qui sont inspirés de projets proches.

Mais dans l’association EPV, il y a moins de femmes que d’hommes. Ce sont majoritairement eux les présidents, comme dans d’autres structures voisines. C’est peut-être à cause des questions techniques, pour lesquelles les femmes se sentent moins qualifiées. Elles ne le sont pas forcément, plein d’hommes ne s’y connaissent pas plus que moi !

Les sociétaires d'Isac-Watts portent une pale d'une de leurs éoliennes citoyennes

« Quand on est une femme et qu’on a des façons de voir différentes, il faut parfois insister pour se faire entendre. J’ai l’impression que la parole de certains compte plus que la parole de certaines. »

Un groupe de visiteur grimpe l'escalier qui donne accès à l'éolienne Berthe du parc éolien Isac-Watts

 

As-tu rencontré des difficultés en tant que femme impliquée dans un projet citoyen d’énergie renouvelable ?

Quand on est une femme et qu’on a des façons de voir différentes, il faut parfois insister pour se faire entendre. J’ai l’impression que la parole de certains compte plus que la parole de certaines. C’était la même quand j’étais technicienne en laboratoire d’analyses et dans les syndicats où j’étais engagée. Les hommes qui prennent les responsabilités, c’est un classique de toute action sociale, syndicale, militante.

Pour savoir dire non quand les limites du bénévolat dépassent les possibilités d’organisation de la vie personnelle et familiale, il faut être tenace et motivée. Les rapports hommes-femmes ne sont pas toujours faciles mais on s’explique. Et je suis un peu tête de mule, ça oblige les hommes à écouter.

 

Qu’est-ce que les femmes apportent à ces projets ? Est-ce que tu les encourages à s’y investir ?

L’approche de certaines problématiques, la circulation de la parole, l’écoute sont différentes quand des femmes sont aux manettes. Je me sens moins dirigeante que coordinatrice : chacun·e prend une part des responsabilités, mon avis n’est pas prépondérant et j’ai parfois changé de point de vue en écoutant les autres. On est dans un esprit de concertation.

« Je voudrais dire aux femmes qui veulent s’impliquer qu’il ne faut pas avoir peur. On est capables de s’investir et d’animer des groupes. »

Les femmes du groupe se sont occupées de choses très différentes : les contacts avec les municipalités, les questions d’acoustique, la création d’un sentier de randonnée le long des éoliennes. Nos domaines de prédilection, c’est pas forcément la communication.

Je voudrais dire aux femmes qui veulent s’impliquer qu’il ne faut pas avoir peur. On est capables de s’investir et d’animer des groupes. C’est une question de conviction, de bonne volonté et de désir d’apprendre.

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