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[Interview] Marie-Laure Lambert, présidente de la société citoyenne Massilia Sun System

À quelques jours de la journée internationale des droits des femmes (le 8 mars), Énergie Partagée interroge 5 femmes impliquées dans des projets citoyens de production d'énergie renouvelable. Aujourd'hui, Marie-Laure Lambert, présidente de Massilia Sun System, à Marseille, nous répond.

Marie-Laure Lambert est présidente de la société citoyenne Massilia Sun System qui ambitionne d'installer des panneaux solaires sur les toitures de Marseille

Marie-Laure Lambert est présidente de la SAS Massilia Sun System qui porte trois projets d’installations photovoltaïques à Marseille sur les toits d’un immeuble, d’une ombrière de parking et d’une maison particulière. La société partage les valeurs de l’économie sociale et solidaire et réinvestit la moitié de ses revenus sur de nouveaux projets.

 

Marie-Laure, comment fonctionne Massilia Sun System ?

La société est animée par un groupe de membres actifs composé de personnes pour beaucoup investies dans les sphères alternatives, des jeunes avec des revenus entre faibles et moyens. Plus tard sont arrivées des retraités plus aisés. On n’a pas tou·te·s 1000 euros à placer mais c’est le nombre de sociétaires qu’on mobilise qui va faire changer les choses.

« On n’a pas tou·te·s 1000 euros à placer mais c’est le nombre de sociétaires qu’on mobilise qui va faire changer les choses. »

Des membres de la société citoyenne Massilia Sun System

 

Quelle est la proportion de femmes dans votre groupe ?

Sur quarante membres fondateurs, qui sont actifs dans les groupes de travail, il doit y avoir un petit tiers de femmes. Elles sont présentes dans les commissions sur les questions juridiques, la communication, la vie du groupe. Les commissions technique et finances, elles, sont moins féminisées, ce qui correspond un peu aux clichés qu’on retrouve dans la société.

« Est-ce que c’est le groupe qui reproduit ces clichés genrés ou chacun·e qui les a intégrés et reste dans sa zone de confort ? »

J’enseigne le droit, j’avais envie de changer et d’être dans la commission technique pour chercher des toitures disponibles dans Marseille ! Mais comme il n’y avait pas assez de monde dans la commission juridique, j’y suis allée. Est-ce que c’est le groupe qui reproduit ces clichés genrés ou chacun·e qui les a intégrés et reste dans sa zone de confort ? Je ne sais pas trop.

 

Les femmes peuvent avoir des contraintes spécifiques ?

Pour moi c’est facile, mes enfants sont grands et je n’ai plus à les faire garder le soir. Je ne me serais peut-être pas engagée quand ils étaient encore petits, en tout cas pas de manière aussi active. On planifie les réunions selon les possibilités des un·es et des autres mais on n’a jamais posé collectivement la question des femmes ayant des enfants à charge.

Une réunion des sociétaires de Massilia Sun System

 

Quels outils le groupe a-t-il mis en place pour permettre aux femmes d’être plus présentes ?

On a des façons de fonctionner que j’ai découvertes : les décisions par consensus, des nouvelles manières de parler et d’écouter les autres. On a fait une élection sans candidat pour choisir notre président.

L’idée ne m’était pas venue d’être présidente : je veux bien participer, faire les petites mains mais pas forcément être au premier plan. Je me disais qu’il y aurait bien des hommes pour prendre les places disponibles. Si on m’avait dit de candidater, je n’y aurais pas été, alors que là, c’est le groupe qui vous désigne.

Je leur ai pourtant dit que je n’étais pas la meilleure personne pour le poste. Mais ça a fait consensus et levé mes propres barrières. Avec ce type d’élection, c’est deux femmes qui ont finalement été désignées, c’était la surprise.

« On a fait une élection sans candidat pour choisir notre président et notre vice-président. Avec ce type d’élection, deux femmes ont finalement été désignées, c’était la surprise ! »

 

Les femmes apportent-elles des choses différentes ?

On a été deux filles à tenir à ce que les panneaux soient mis sur des zones déjà artificialisées. Ça a fait consensus.

Les femmes apportent beaucoup alors je leur dirais : venez et amenez vos mecs ! On espère que tout le monde va s’y mettre.