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[Interview] Sophie Setbon-Cuisinier, présidente du parc photovoltaïque citoyen d’Aubais

À quelques jours de la journée internationale des droits des femmes (le 8 mars), Énergie Partagée interroge 5 femmes impliquées dans des projets citoyens de production d'énergie renouvelable. Aujourd'hui, Sophie Setbon-Cuisinier, présidente du Watt Citoyen à Aubais (Gard) nous répond.

Sophie Setbon-Cuisinier, présidente et cofondatrice du parc solaire photovoltaique Le Watt Citoyen des Survoltés d'Aubais dans le Gard

Sophie Setbon-Cuisinier est présidente de la SAS Le Watt Citoyen, qui gère un parc photovoltaïque aujourd’hui en service, monté par l’association collégiale Les Survoltés d’Aubais, dans le Gard. Ce parc de 250 kWc a été construit sur une ancienne décharge grâce à une aide de la Région Occitanie, ainsi qu’aux investissements de plus de 270 sociétaires citoyens et d’Énergie Partagée.

 

Sophie, peux-tu nous raconter comment tu en es arrivée à t’impliquer dans ce projet d’énergie renouvelable citoyenne ?

On avait créé un collectif anti-gaz de schiste en 2011 pour refuser des forages dans notre région. Les permis ont été refusés et on s’est retrouvés un petit groupe de motivé·e·s, à se dire qu’on s’était battu·e·s “contre” et qu’il était temps de se battre “pour” ! On a donc monté le collectif “Territoire en transition Vidourle Vaunage” pour faire émerger de nouveaux projets comme celui-ci.

« On s’est retrouvés un petit groupe de motivé·e·s, à se dire qu’on s’était battu·e·s “contre” et qu’il était temps de se battre “pour” ! »

J’étais plus intéressée par les questions alimentaires qu’énergétiques, mais le groupe avait besoin de forces vives pour mener à bien le projet de parc photovoltaïque, alors je les ai rejoints. On a toujours été entre six et douze personnes motrices.

 

Y a-t-il beaucoup de femmes dans l’équipe de bénévoles ?

Le groupe est composé d’environ un tiers de femmes qui sont impliquées dans tous les groupes de travail. On a eu une cheffe de chantier, Sylvie Poss, active dans le comité d’exploitation, et une communicante, Céline Rousseau, dans le groupe com’. Josiane, proche de l’association Attac, nous a aidé·e·s à monter les statuts et à encadrer le projet par une charte pour qu’il reste exemplaire et sans but lucratif. Moi, je ne sais pas… si, je connais bien le tissu local et j’ai contribué à le mobiliser.

Sans compter les relais qu’on a eus chez les partenaires : Clarisse Dulac d’Enercoop Languedoc-Roussillon, puis Louise Balmer et Alenka Doulain d’ECLR (Énergies citoyennes locales et renouvelables en Occitanie). Toutes ces femmes ont beaucoup apporté.

Les citoyens et actionnaires du projet solaire des Survoltés d'Aubais sont joyeux : le parc est en service !

 

Quelles sont tes motivations pour tenir dans la durée ?

J’aimerais qu’on mène une transition énergétique, dans la lignée du scénario négaWatt, en mettant en avant la sobriété. Ma motivation, c’est l’avenir pour mes enfants. Et la dynamique du groupe : on se motive les un·e·s les autres. J’ai mis en place des formations à des méthodes très démocratiques comme l’élection sans candidat. Tout le monde s’exprime, est associé aux décisions importantes. La reconnaissance et le respect, c’est un gage de longévité.

« Si je me sentais mal en tant que femme dans ce groupe, j’arrêterais. »

Je suis bénévole, je ne pourrais pas continuer si je n’évoluais pas dans un climat serein. Mais ce projet est très enthousiasmant ! Notamment parce qu’on fait des réunions conviviales, qui se terminent par un temps de plaisir et de partage de repas.

Photo : Agathe Salem

 

En tant que femme, vois-tu des obstacles à ta participation dans un projet citoyen ?

Je suis très active localement, en partie grâce à un mari qui gère le reste, et qui m’a toujours permis d’aller aux réunions en gardant les enfants quand ils étaient petits. Je ne pourrais pas m’investir sans son soutien.

« Je suis très active localement, en partie grâce à un mari qui gère le reste, et qui m’a toujours permis d’aller aux réunions en gardant les enfants quand ils étaient petits. »

Dans le groupe, on essaie aussi de faire attention à ces contraintes : si l’un·e ou l’autre doit rester pour s’occuper des enfants à la maison, on se réunit chez elle ou lui. Il faut aider chacun·e à participer, en ajustant les horaires ou les lieux de réunion. Ça me semble normal ! Si je me sentais mal en tant que femme dans ce groupe, j’arrêterais.

 

Sophie Setbon-Cuisinier témoigne dans l’émission “On a la solution” sur France 3 en octobre 2018

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